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Johann PETIT

La première fois que je vais vu Johann, c’était lors du Championnat de France Masters au Cadre 47/2 en 2007 organisée par Montier-En-Der. Contre Jérémy Picart, match couperet pour la qualification dans le tableau du double Ko, il m'a impressionné, Johann a égalisé grâce à une série de 183. Malgré cette rage de vaincre, il doit s'incliner aux prolongations. Joueur de jeux de série craint et engagé, Johann ne s'est pas encore constitué le palmarès qu'il mérite.

 

 

 

Né à Oissel le 27 juin 1975, voici son palmarès :
5è au Championnat d'Europe C71/2 à Athènes en 2007
Champion de France 3-Bandes N2 en 1997
Champion de France Libre 6è en 1994
Vice-Champion de France C71/2 Masters à Toulouse en 2009
3è au Championnat de France Masters au C47/2 à Billy-Montilly en 2008
3è au Championnat de France Masters Partie Libre à Colmar en 2009
Vainqueur du Tournoi National Masters C47/2 à Ecully en 2009
Vainqueur du Tournoi National Masters C47/2 à Châtillon en 2006


Comment as-tu découvert le billard ?
Et bien, un peu par hasard et paradoxalement pas comme beaucoup de ma génération, c'est-à-dire que mon père ne jouait pas au Billard. En fait, je jouais au foot (pas original comme sport) à Oissel et je connaissais depuis tout jeune David Jacquet qui était un amoureux du ballon également. Un jour, il me dit qu’il y a un club de billard en centre-ville et que je pouvais moi aussi venir découvrir cette activité si je le souhaitais. J’ai tout de suite accroché avec ce jeu qui sortait de l’ordinaire. A l’époque, beaucoup de nos potes s’y sont mis également, certes avec des degrés de motivations différents, mais c’était rapidement devenu notre repère, là où l’on aimait à se retrouver après les cours ou même pendant parfois…


Raconte-nous ton parcours initiatique…
J’ai eu la chance de rencontrer de vrais passionnés dès le départ et surtout des dirigeants de club qui souhaitaient avoir parmi eux, une population d’ados. Fabrice Leroy, bon joueur et vrai passionné, fût mon premier professeur. Avec David, il nous a transmis « le virus » du billard… Comme je le disais, l’émulation qui est née entre tous les potes qui pratiquaient à cette époque m’a permis de progresser assez rapidement, enfin assez pour arrêter définitivement le foot. A vrai dire, cela m’arrangeait car ma morphologie ne me permettez plus de me sentir véritablement à l’aise sur un terrain. En effet, j’ai pris quelque chose comme 20cm en un an et avec 1,92 m à 17 ans, pas facile de tenir debout malgré les crampons…
J’ai ensuite suivi les cours du mercredi après midi avec Jean Noël Mary, moniteur d’Etat en Normandie, puis participé à plusieurs stages fédéraux avec Jean Arnaud et Marc Massé. Ces 4 stages nationaux d’une semaine m’ont fait doubler, voire tripler ma moyenne chaque saison. Par la suite et après un arrêt du billard de 2 ans pour raisons professionnelles, j’ai eu la chance de participer, entre 2000 et 2004, à 4 stages d’une semaine avec Jean Marty. Je souhaitais à cette époque me lancer dans le 3-Bandes et l’Artistique. Jean m’a vite fait comprendre qu’aux Jeux de Série, je n’avais rien vu encore…


Beaucoup d’accessits dans ton palmarès, mais toujours pas le titre national chez les Masters. Qu’est-ce qui peut être l’élément déclencheur ?
Si je le savais, je l’activerai volontiers mais avec de tels adversaires, pas simple de grimper sur la plus haute marche. Et en plus, inconsciemment, peut-être je n’ose pas me grandir plus encore… Non mais, blague à part, c’est vrai aussi que le niveau général est en constante augmentation ces dernières années et il n’est pas facile de s’imposer si l’on ne survole pas complètement les débats. Il faut travailler davantage et ne rien lâcher dans les moments importants d’un championnat. J’ai su le faire à deux reprises en remportant deux tournois Masters (Chatillon en 2006 et Ecully en 2009) mais jamais encore pour le gain d’un titre national au plus haut niveau. Travailler l’aspect mental me paraît être la priorité pour réussir enfin à m’imposer.


En junior, je remarque que le renouvellement de futurs grands joueurs n’est pas fait. Qu’est-ce qui manque pour voir resurgir de jeunes champions titiller les Masters ?
Oh, il y en a quelques uns qui pointent le bout de leur nez mais c’est vrai que le constat est là et, en effet, plutôt inquiétant. Jamais on a eu autant de moniteurs, d’animateurs formés, d’outils pédagogiques pour l’apprentissage et le perfectionnement de notre discipline et pourtant, les jeunes se font de plus en plus rares dans nos clubs. Mais il ne faut toutefois pas être défaitiste pour autant car d’excellentes écoles de billard nous sont données en exemple pour inspirer les plus courageux d’entre nous à suivre la voie. Je pense bien évidemment à Patrick Dupont et au club de Soissons où celui-ci est contraint de refuser quelque fois des jeunes par manque de place. Si cela fonctionne là-bas, c’est que c’est sûrement possible ailleurs. Tout est une question de volonté et de politique. Avec un tel travail dans une cinquantaine d’endroit en France, il est évident que des Pierre Soumagne seront plus nombreux à venir chambouler le classement national…


Quels joueurs étrangers et français t’impressionnent le plus, et pourquoi ?
En fait tous les joueurs qui font mieux que moi m’impressionnent car je ne comprends pas qu’il est possible de faire mieux… Pour être un peu plus sérieux, il est évident que Frédéric Caudron est le maître incontesté car on ne peut être plus complet et avec un niveau de performance remarquable pratiquement à chacune de ses sorties. Au niveau des Jeux de Série, j’apprécie le jeu de nombreux joueurs Européens mais je ne crois pas qu’ils m’impressionnent, en tout cas ce n’est pas le terme que j’emploierai. Je pense qu’il est possible pour moi de faire ce que les plus forts font. Si je devais en citer un, ce serait Pierre Soumagne, pour le jeu exceptionnel qu’il déploie parfois mais surtout pour ses deux titres de Champion d’Europe conquis à 19 et 20 ans devant les plus grands spécialistes de la discipline ! Ca, c’est impressionnant.
Ce qui m’impressionne aussi, ce sont les moyennes générales atteintes aujourd’hui au 3-Bandes. C’est un mode de jeu qui demande une concentration extraordinaire et où le niveau de performance est encore améliorable. Il n’est pas concevable de pouvoir enchaîner les points avec du rythme, ça me paraît tellement compliqué à gérer…


Dans ton palmarès, on lit « Champion de France à la Libre en 6è en 1994 ». Dis-nous son importance pour toi ?
C’était à Brie Comte Robert, c’était ma première grande compétition, j’avais 3 ans 1/2 de billard et j’arrivais avec 5,50 de moyenne. Avant ce championnat, je n’avais réalisé que très peu de parties à 10 de moyenne à l’entraînement et je termine à près de 11 de générale. Je me suis retrouvé dans une ambiance digne des plus belles finales de France, avec pas moins de 600 personnes dans les gradins, une organisation exemplaire qui, avec le recul n’était pas du tout en relation avec le niveau des joueurs. J’ai dû signer quelques 200 autographes juste après la finale ! C’était complètement démesuré mais à 18 ans, quel plaisir et quel bonheur j’ai ressenti. Mon pote d’entraînement David Jacquet, qui m’avait accompagné, en pleurait de joie et ça restera gravé dans ma mémoire. C’est sans aucun doute ce championnat qui m’a donné envie de persévérer dans ce sport aussi complexe qu’original.


Tu es Président de l’AJBM (Association des Joueurs de Billard Masters), membre actif au sein de la FFB, coordonateur du comité d’organisation de Castres 2010. Vu tes engagements, tu dois croire au succès du billard carambole, et des jeux de série en particulier ?
Castres 2010 va être un superbe évènement pour notre sport, il faut que tous les passionnés, qu’ils soient joueurs, dirigeants de club, de comité et de ligue soutiennent ce projet à 200%. Regrouper trois disciplines (Américain, Carambole et Snooker) dans un seul et même lieu sur une semaine avec pas moins de 21 titres de champions et championnes de France décernés, voilà ce qui peut-être la grande fête annuelle du sport billard en France.
Alors pour répondre à la question plus précisément, oui bien sûr que j’y crois, ce n’est pas possible qu’un sport aussi riche soit si pauvre médiatiquement. Forcément, il ne faut pas pleurer simplement en se disant que ce n’est pas normal, que l’on n’a pas la place qu’on mérite, qu’on ne parle jamais de nous. De nombreux sports sont dans notre situation, plus ou moins confidentiels, simples amateurs, et les fédérations recherchent une plus grande reconnaissance de leur discipline. A nous de nous démarquer, de nous servir de nos atouts, les développer, les donner à voir en organisant de grands évènements tournés vers du spectacle sportif.
Avec sept autres joueurs, nous avons décidé de créer l’AJBM, qui n’est pas un syndicat des joueurs Masters de Série mais bien une force de propositions pour des projets fédéraux comme celui-ci ou bien des projets indépendants qui vont dans le sens du développement de notre passion. Je pense par exemple que le jeu « 1 Bande » est le plus complet de tous et qu’il faut s’inspirer de ce qui est fait au 3-Bandes pour le voir grandir et, pourquoi pas, permettre aux meilleurs d’envisager une professionnalisation…


Quels sont tes objectifs pour la saison 2009/2010 ?
Surtout que Castres 2010 soit un évènement à la hauteur de nos ambitions et qu’il marque un tournant dans l’histoire de notre fédération et de notre sport. Plus personnellement, mon objectif sera d’y remporter mon ou mes premiers titres !!!

Merci à Johann de s'être lançé le premier dans cet exercice de répondre à mes questions. Exercice réussit avec brio !!!

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