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Pierre DESPROGES

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Une 4è place inattendue !

Jérémy nous a accordé un long entretien et s’est exprimé sur son nouveau rang mondial, et sur bien d’autres sujets.

Champion d'Europe par équipes nationales (2011)
Champion d’Europe par équipes (2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011)
Champion de France Masters (2003, 2006, 2008, 2011)
Champion de France par équipes de clubs (2003, 2004, 2007, 2009, 2011)
3ème au Championnat du Monde 2008
2ème à la World Cup d'Hurghada (décembre 2011)
2ème aux Agipi Billard Masters 2011
3ème aux  World Cup de Porto (2009, 2010), Séoul (2010, 2011) et Hurghada (2010)
Vice Champion du Monde Juniors
Vainqueur de 22 Tournois Nationaux

 

2011 fût une année faste au niveau de ton palmarès (voir encadré), ce qui te prévaut, notamment, ta 4ème place au classement mondial derrière Jaspers, Caudron et Blomdahl. Que ressens-tu d’être parmi les « monstres sacrés » du 3-Bandes ?

 

C'est une drôle de sensation ! Je travaille pour cela mais je dois dire que je ne m'attendais pas vraiment à me retrouver à cette 4ème place maintenant. En effet, c’était une année spéciale sur le plan personnel (ndlr naissance de Chloé en août). Cet heureux événement a perturbé ma préparation dans la deuxième partie de l’année, avec moins d’entraînement et plus de fatigue. Mais, malgré tout, il y a eu de superbes résultats.

Néanmoins, je sais qu'il y a encore du chemin à parcourir pour aller plus haut. Dick et Frédéric sont globalement un peu au-dessus des autres; et Torbjorn a fait une superbe saison. En fait, je dois mon rang actuel à ma régularité. Sur les 8 World Cup comptabilisées au classement, je suis le joueur avec le plus de podiums (5), puis arrivent Fréd et Dick avec quatre. Contrairement aux trois premiers, il me manque une victoire afin d’aller plus haut dans le classement. En fait, il me manque une victoire internationale tout court, voire un titre. C'est d'ailleurs mon objectif principal, plus que de monter dans le classement.


En 2012, sur le circuit international, tu auras davantage de pression puisque tu défends ces cinq podiums.

Il y aura de la pression, forcément. Je dois défendre trois demi-finales sur les trois prochaines coupes du Monde. Il y a des chances que je descende un peu au classement, même si je vais tout faire pour ne pas que ça arrive! La finale à Hurghada en décembre dernier me mets à l’abri d’éventuelles déconvenues.

C’est le principe d’un circuit, une performance vous fait gagner quelques places, un revers vous en fait perdre. Sur toute une saison, ça va, ça vient. Mais j'ai vu que j'étais capable de monter régulièrement sur le podium. Cela permet de prendre du recul sur le classement. Finalement, j'ai peut-être même moins de pression que lorsque j'étais 9 ou 10ème et que ma place dans le top12 était en danger !


Je reviens sur tes propos précédents : avec une deuxième partie de saison moins bien préparée, tu fais pourtant tes meilleurs résultats (à Suwon, Saint-Brévin et Hurghada). Bien dans sa tête, bien au billard !

Oui, c'est vrai! La dimension psychologique a sans doute prédominé dans cette période! La France n’a jamais gagné un titre international. Avec Jérôme, on a fait un super championnat, porté par le public qui n’a pas hésité à nous soutenir. Ce qui n’est pas souvent le cas en France. Je crois que le public a peur d’être chauvin, reste discret, n’ose pas encourager davantage ses compatriotes par rapport aux étrangers. Alors que dans les autres pays, le public ne se gêne pas à applaudir vivement leurs représentants. Quand on a vécu une ambiance comme Saint-Brévin, on se sent chez soi. Le public nous a boostés tout au long du championnat : ça donne des ailes. Tu te bats pour toi, pour ton équipe, et pour le public qui est venu te voir. J’ai ressenti qu’on leur donnait du plaisir et il nous le rendait bien; un engrenage positif qui nous aidé à aller jusqu’au bout. C'était vraiment fabuleux.


Premier titre dans une nouvelle distance : 30 points en poules qualificatives puis 40 points, en lieu et place des sets de 15. Pour ou contre ce changement ?

Plutôt contre. A la limite dans les pré-qualifications, où les équipes sont moins fortes, cela peut avoir du sens. Mais, en qualifications, cette distance est vraiment trop courte. En tant que spectateurs, les matchs nous paraissaient vides, alors que les moyennes étaient élevées. Exemple du match entre Caudron et Tasdemir (30-26 en 10): il n’y avait pas d’intensité, d’émotion, personne n’a le temps de vivre le match. Je pense que, même en deux sets gagnants (distance déjà très courtes), il y a plus d’intensité.

Ensuite, les parties en 40 points laissent un peu plus le temps de se mettre dans la partie et donnent également davantage de possibilités à la série. C’est un peu mieux…

Il est vrai que les sets enlèvent les longues séries, mais il se passe plus de choses en matchs par sets. Et sportivement, cela fait appel selon moi à davantage de qualités de compétiteurs et qui font partie du sport de haut niveau. Lors de distances longues, quand on est installé dans un rythme, il peut y avoir des retournements de situation mais c’est plus compliqué. En sets, nerveusement et émotionnellement, il y a plusieurs phases à gérer : plusieurs fins de sets, de nouveaux départs, des remises en question. Hormis les contraintes de durée dont nous sommes conscients, les tops players  adhèrent  plutôt à la formule en sets.



Autre ch
angement, c’est la limitation de temps baissée à 40 secondes

Pour les compétitions CEB. A Saint-Brévin, nous avons effectivement joué en 40 secondes. Tous les joueurs n’y sont pas favorables mais, en ce qui me concerne, je trouve que cette limite est un bon compromis entre rythme et réflexion. Cela fait des années que je milite en ce sens et j'espère que l'UMB suivra cette voie afin d'harmoniser toutes les compétitions (50 secondes actuellement)  L’Agipi Billard Masters a été à l'origine de cette évolution et a montré qu'elle n'affectait en aucun cas la performance.

Pour les jokers, certains joueurs en souhaiteraient davantage. Avec deux par partie, c’est largement suffisant de mon point de vue. Le joker est là pour dépanner, en situation d'urgence.


Le classement UMB identifie nettement le TOP 12, à l’intérieur de ce top, deux joueurs semblent être au-dessus des autres, Caudron et Jaspers. Tu m’avais confié, il y a un peu plus de deux ans, que tu travaillais la technique. Ta nette progression prouve la qualité de ton travail. Maintenant, sur quel axe de travail te prépares-tu pour essayer de titiller Fréd et Dick ?

Pour être honnête, lors des six derniers mois, au vu de ma préparation, la logique aurait voulu que je ne progresse pas au classement. Après, le bien-être, le mental ont peut-être compensé le manque de préparation. Mais il ne faut pas se voiler la face, cela ne dure pas éternellement!

Le sport de haut niveau est une multitude de petits réglages très fins. Après le rush des premiers mois de paternité, il me faut maintenant trouver un nouvel équilibre et de nouveaux repères quant à mes entraînements. Une fois ceci stabilisé, je serai en mesure de faire le point sur les prochains axes de travail qui me permettront, je l'espère, de franchir un nouveau cap.


Combien d’heures de travail hebdomadaire sur un billard ?

Cela dépend bien évidemment du calendrier des compétitions, des déplacements, des décalages horaires, etc. J'ai parfois besoin de souffler un peu, de faire autre chose et de me ressourcer. Mais, lorsque c'est possible, c’est plus ou moins 4 heures par jour d’entraînement. Seul, toujours seul.
En revanche, ces derniers mois, c’était plutôt 5-6 heures par semaine !


Je suis très enthousiasme de l’existence de l’Association des Joueurs de Billard Masters (AJBM) où les forts joueurs de jeux de séries, notamment, sont regroupés et offrent à la Commission Sportive Nationale Carambole (CSNC) des propositions, voire des projets.
N’est-il pas possible de connaître cette même évolution avec un groupe de joueurs 3-bandistes ? Comme en Espagne où Daniel Sanchez est président d’une association semblable.

L'association espagnole dans sa forme actuelle est toute récente.
Au 3-bandes, 72 joueurs participent aux tournois nationaux. Bien plus qu'aux jeux de série. Cela multiplie les profils et les intérêts des uns et des autres. C'est une des raisons pour lesquelles il me semble plus délicat de trouver un accord commun parmi les joueurs de 3 bandes. En l'état actuel des choses, une entité ne me paraît pas forcément indispensable pour formuler des propositions à la CSNC. Un projet, s'il est pertinent, doit pouvoir être pris en considération d'où qu'il provienne : personne isolée ou groupe de personnes réunies dans une entité ou non. Mais une intégration au sein de l'AJBM voire la création, à l'avenir, d'une association de joueurs de 3-bandes n'est pas non plus à exclure.

 

Au niveau international, il y a l’association des joueurs professionnels présidée par Marco Zanetti

Il y a là aussi de nombreux profils de joueurs mais la différence réside dans le fait qu'un certain nombre d'entre eux sont professionnels.
L'association a été mise en sommeil suite à un problème entre Marco et l’Union Mondiale de Billard (UMB). Cette affaire résolue, nous sommes en train de la relancer, et avons eu quelques réunions dernièrement…



… Pour contrer les différents projets de l’UMB (distance longue, 40 secondes) ?

Non, pas forcément. Simplement, je pense qu’au plan international il est nécessaire que ce type d’association existe. Les joueurs doivent être interlocuteurs auprès des instances sur l

e plan sportif voire politique. Ces joueurs dédient leur vie au billard et doivent avoir un pouvoir consultatif fort sur des décisions qui les concernent directement.


Je reviens sur les profils de joueurs dont ceux qui veulent progresser pour parler des juniors et cadets. Il y a une véritable émulation pour le 3-Bandes chez les jeunes, pour preuve, les bonnes performances lors du dernier championnat de France à Thionville. C’est bien de savoir qu’il y a des jeunes derrières.

Evidemment. Une fédération, qui n’a pas de jeunes s’investissant et progressant, est une fédération qui est amenée à mourir. C’est une bonne chose que le championnat de France et d’Europe Cadets existent. Cela fait bon nombre d’années que cette compétition a lieu en Espagne, avec les résultats que l'on connait. Un championnat de France est une motivation pour les jeunes, un lieu de rencontre pour mieux se connaître et évoluer ensemble. Tout cela créé une émulation et c’est bon pour le billard mais il n’y a pas que ça. Il faut les détecter, les former et les suivre jusqu’au bout, du plus jeune âge au haut niveau, leur donner l'envie de s'investir pour atteindre les sommets.


Tu es donc optimiste sur l’avenir du carambole ?

Il a tellement de paramètres. Il ne faut pas prendre un raccourci et faire un amalgame entre avoir une douzaine de jeunes et le bien-être du sport billard.
Je considère que la route est longue.

On remarque une érosion du nombre de licenciés, une population vieillissante.
Il y a encore un énorme travail au niveau de l'image que notre discipline véhicule. Et cela passe sans doute par des décisions fortes. Malheureusement, je constate que le billard est encore associé au bistrot, à l'alcool (plus à la cigarette mais c'est la conséquence d'une politique globale qui passe le domaine du sport). Il est difficile dans ces conditions d'attirer des sponsors, des partenaires ou même un nouveau public, plus jeune.

Nous avons fait le choix de nous apparenter à un sport -ce que j'approuve à 100%- il nous faut aller au bout de cette démarche. Je ne dis pas que c’est facile mais il y a une réflexion à porter. Le billard a des valeurs, peut apporter aux jeunes au même titre que d’autres sports.

Les tournois nationaux, par exemple, doivent donner envie aux gens, jeunes ou moins jeunes, de s'inscrire au billard. Est-ce le cas aujourd'hui ? Je n'en suis pas sûr. Dans un contexte de diminution  constante  des licenciés, ce devrait être un fil conducteur de toute réflexion.
Quand je regarde Roland Garros, j’ai envie de jouer au tennis. Avec un bel événement, tu t’identifies.

Le 3-bandes est la seule spécialité reconnue de haut-niveau et doit être une vitrine pour tous. Cela servira le billard dans sa globalité, jeux de série en premier lieu puisque c'est par là que commencent les nouveaux joueurs.


Merci beaucoup Jérémy pour ta disponibilité. Je croise les doigts pour toi et Jérôme à Viersen lors du championnat du Monde par équipes nationales. Et, je te souhaite bonne continuation pour le restant de la saison. Je rappelle le blog officiel de Jérémy Bury : http://www.jeremybury.fr/blog/

Interview réalisé le 28 janvier 2012 - Avant la World Cup d'Antalya, Jérémy a terminé 5ème et maintient sa 4ème place mondiale
Cet entretien devait être publié sur Sport Billard Magazine, compte-tenu de sa dématérialisation, en attendant profitez de ces lignes.{jcomments on}

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